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13  03  2009

Festival

En 2009, le Liban affronte la peur de la page blanche

"L'Égypte écrit, le Liban imprime et l'Irak lit"….ainsi résume-t-on souvent la situation du livre et de la lecture dans le monde arabe. Et pourtant, en cette année 2009, le célèbre adage est en proie à une révolution, et les beyrouthins de clamer au monde : « Le Liban écrit, le Liban imprime et le Liban lit » ! Après Madrid, Alexandrie, New Delhi, Anvers, Montréal, Turin, Bogota et Amsterdam, Beyrouth vient d’être proclamée, le 23 avril dernier « Capitale Mondiale du livre » ! par l’Unesco. Le comité de sélection a élu la capitale libanaise « pour son implication en matière de diversité culturelle, de dialogue et de tolérance ainsi que pour la variété et le caractère dynamique de son programme ». Sacré pays phare du livre pour un an, le Liban est depuis des temps immémoriaux le théâtre de certains chapitres de l’histoire de l’écriture : Ainsi, à Byblos, vers la fin du XIe siècle avant J.-C., aurait été inventé l’alphabet consonantique de 22 lettres qui, en apportant à l’expression écrite une simplification décisive, aurait conquis l’Orient des Grecs, les Etrusques, puis les Latins et, à l’Est, les Araméens, puis les Arabes, chaque civilisation l’adaptant à son génie et à ses langues. Le Liban fut aussi le théâtre de certains épisodes de l’histoire de l’imprimerie : au XVIe siècle, une pléiade de savants maronites adaptent l’imprimerie inventée en Occident, à l’écriture arabe. Considérée comme « l’imprimerie du monde arabe », Beyrouth a joué un rôle prépondérant dans la diffusion du livre en Orient et a très largement contribué à la “Nahda“, la Renaissance arabe. Elle abrite aujourd’hui près de 400 éditeurs qui publient en arabe, anglais et français, plus de 350 journaux et périodiques, une dizaine d’universités réputées et une multitude de centres culturels Havre de liberté pour les intellectuels du monde arabe, pour Salah Stétié, « Beyrouth est, par excellence, la ville de tous les dialogues. Elle incarne au plus haut point la fulguration de la rencontre décisive, du rendez-vous créateur. Pour elle-même et pour les autres qui viennent à elle de partout afin d’éprouver la respiration de la liberté, elle est la ville de tous les seuils et de toutes les médiations.» Beyrouth, sacrée capitale mondiale du livre pour 2009, sera-t-elle le phare qui guidera la littérature arabe ? Depuis le début de cette année beyrouthine du livre, on ne peut qu’être frappés par l’extrême dynamisme des libanais, leur enthousiasme et leur intérêt pour l’événement. Le site du Ministère de la culture permet de dérouler une liste contenant pas moins de 220 projets d’une époustouflante diversité.