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22  05  2009

Festival

PalFest à Jérusalem, malgré la police israélienne

Les organisateurs de PalFest entendaient "opposer le pouvoir de la culture à la culture du pouvoir". Cela n'aura jamais été aussi criant qu'à Jérusalem, où ils avaient décidé d'inaugurer et de clore la deuxième édition de ce festival de littérature itinérant, en l'honneur d'Al-Quds 2009 (Jérusalem, capitale de la culture arabe). La police israélienne a en effet fait fermer le Théâtre national palestinien qui devait accueillir l'inauguration le 23 mai et la clôture le 28 mai, et ce à peine une heure avant chacun des deux événements. Le premier a finalement eu lieu au Centre culturel français et le second au British Council.

"Même un auteur ou un musicien représente une menace pour la sécurité d'Israël", ironise Rania Elias, de Yabous productions, l'un des co-organisateurs de ce festival qui a réuni des écrivains palestiniens et étrangers pour une tournée à travers la Cisjordanie (Ramallah, Jénine, Bethléem et Hébron). "Ils combattent tout ce que les Palestiniens font à Jérusalem".

Le lancement d'Al-Quds 2009, en mars dernier, avait déjà été perturbé de la sorte. Cette nouvelle intervention israélienne contre un événement culturel palestinien à Jérusalem-Est intervient dans un contexte très particulier.

Dans cette partie arabe de la ville, conquise par Israël en 1967, les ordres de démolition de maisons palestiniennes abondent ces derniers mois tandis que se multiplient les autorisations d'extension des colonies juives. D'après certains observateurs, l'Etat hébreu espère ainsi encercler Jérusalem-Est de colonies juives, la couper du reste de la Cisjordanie pour éviter qu'elle ne soit rendue aux Palestiniens comme capitale de leur futur Etat. L'annexion de Jérusalem-Est, contraire au droit international, a été entérinée par la Knesset dès 1980 avec l'adoption de la loi fondamentale qui fait de Jérusalem, "entière et unifiée", la capitale d'Israël. Cette loi a été jugée "nulle et non avenue" par le Conseil de sécurité de l'ONU dans sa résolution 478, ce qui n'empêche pas Israël de tenter de créer sur le terrain un état de fait qui rendra toute rétrocession difficile, voire impossible.

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Marie Medina - BabelMed.net